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Littérature I Djarabi, l’Harlequin à l’Africaine

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La revanche du coeur, Le prix du bonheur, romance à Siby… ces titres évoquent les romans à l’eau de rose de Barbara Cartland ou d’Harlequin.

Et la similitude ne s’arrête pas là. Ces romances font partie d’une collection qui a été lancée à Bamako il y a quelques années. Djarabi est la première collection malienne de romans sentimentaux et elle vient de publier son cinquième roman, « Amour haram », qui se déroule à Tombouctou durant l’occupation islamiste. Dans un pays où la pratique de la lecture est très peu développée, ces romans à l’eau de rose connaissent un succès grandissant auprès des lectrices, qui s’identifient facilement à ces histoires qui évoquent leurs préoccupations quotidiennes.

Les Éditions Princes du Sahel qui éditent la collection misent sur le succès des romans d’amour au Mali, tout particulièrement auprès des jeunes lycéennes maliennes, qui lisent avec ferveur les aventures d’Awa et Nana Traoré, deux soeurs de Bamako… éprises du même homme, Ismaël Doumbia. Dans les librairies de la capitale malienne, les livres d’occasion des éditions Harlequin et leurs héroïnes aux longs cheveux blonds ont laissé la place aux histoires de cœur 100% maliennes, dans lesquelles les jeunes protagonistes, actives et modernes, se font tresser les cheveux et arborent des pagnes aux couleurs du pays.

Djarabi. La première collection malienne de romans d’amour

La recette de ces livres est simple : pas plus d’une centaine de pages, les auteures sont toutes des femmes et doivent écrire des bluettes où les personnages sont mis à l’épreuve jusqu’à ce que l’amour triomphe. Avec cependant un certain réalisme car des sujets comme la polygamie, la pression sociale du mariage, les problèmes de société maliens sont très présents. Voici par exemple, l’intrigue de l’opus « Amour Aram ». Tombouctou, août 2012. Malgré l’occupation de la ville par les groupes terroristes, Norah décide de rentrer parmi les siens pour fêter la fin du ramadan. Elle découvre une ville en apnée désormais dirigée par les armes et la charia.
Dans la cité mystérieuse, les règles ont changé et l’amour est devenu un péché.

Romance à Siby, roman d’amour de la collection Djarabi

Le succès de la collection Djarabi n’est pas sans rappeler celui de la collection Adoras, publiée par les Nouvelles Éditions ivoiriennes, qui ont écoulé plus de 500 000 exemplaires en 15 ans.

Ce créneau semble donc prometteur et de nombreux pays africains pourraient s’en inspirer. Car même si on peut leur reprocher leur légèreté, ces ouvrages ont au moins le mérite d’inciter la jeunesse à lire.

T.M

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