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Jobeuses & jobeurs, apprenez à négocier une augmentation de salaire

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Ça y est, vous êtes bien dans votre travail et vous êtes fière du savoir et du savoir-faire que vous avez apportés à votre société. Vous aimeriez vous offrir un voyage à Dubaï, acheter une maison à votre mère ou la dernière Prado à votre mari, mais il y a un hic : votre salaire !!!

Plus sérieusement, vous êtes en droit de demander une augmentation de salaire. Cependant, une demande de salaire se négocie : il ne s’agit pas d’un conflit mais d’argumenter et de se faire comprendre. Voici les préalables à une bonne négociation salariale.

1. Votre botte secrète : vos réalisations

Gagner plus d’argent s’appuie avant tout sur des éléments objectifs comme votre travail proprement dit, votre ancienneté, la fin d’une période d’essai. De grâce, ne demandez pas une augmentation parce qu’il fait de plus en plus chaud et il vous faut installer un nouveau climatiseur. Il vous faudra prouver vos réalisations, n’hésitez pas à préparer un document écrit avec chiffres et graphiques pour prouver vos prétentions. Ce document doit reprendre des éléments importants pour la société et aussi pour la personne à qui s’adresse la demande. Ne présentez pas un document avec des informations dénuées d’intérêt pour lui. Plus simplement, si vous accès au type de rapport que cette personne émet pour le compte de la société, faites en un similaire pour présenter les raisons de votre augmentation.

Soyez souple, il s’agit essentiellement d’apporter des objectifs et de montrer que vous pouvez concourir efficacement à leurs réalisations, mais aussi de séduire. Attention, évitez le rouge à lèvres glamour et le décolleté plongeant, le message que vous envoyez peut vous faire prendre des chemins autres que ceux que vous souhaitez… Il ne s’agit pas de séduction au sens charnel du terme, mais bien de séduction intellectuelle. Pensez à quand vous avez rencontré votre conjoint, il a fallu convaincre sur les deux tableaux : sentiments et vie matérielle. Soyez à l’aise et surtout soyez convaincue que cette augmentation est désirable et justifiable. Il n’y a pas pire erreur que de venir aux négociations sans conviction, cela vous sera préjudiciable immédiatement et pour les négociations futures. Preuve de vos réalisations et assurance sont les piliers et les préliminaires d’une bonne négociation salariale.

2. Combien je veux ?

La question est délicate, mais nécessaire et doit s’appuyer sur trois éléments : les tâches que vous devez accomplir, celles que vous accomplissez réellement et la plus-value que vous apportez. A nouveau, il vous faudra requérir de la souplesse dans l’expression de votre demande, n’allez pas avec la phrase « je veux 3000 $ » mais plutôt présentez cela sous forme de pourcentage « une augmentation de salaire située entre 25% et 50% serait raisonnable ». N’ayez pas peur, votre chef est aussi fort que vous en calcul ! Il verra vite que vous voulez arriver à 3000 $. Si cette augmentation n’est pas possible en espèces sonnantes et trébuchantes, vous pouvez toujours négocier sur les avantages extra-légaux : actions de l’entreprise, plus de jours de congés annuels, assurance retraite complémentaire, voiture de fonction …

Ne vous attendez pas à une réponse le lendemain de votre demande, sauf cas exceptionnel, vous n’en aurez pas. S’il vous plaît, ne cédez pas à la tentation de l’ultimatum, cela décrédibilise votre action et vous transforme aux yeux de la société en mercenaire et non pas en une femme qui porte les valeurs de la société et soucieuse de la réussite de l’objectif commun.

3. Quand je demande ?

Cette demande peut intervenir à la fin de votre période d’essai surtout si vous estimez qu’elle est concluante et que vous en avez les preuves. Si le moment est important, ne sous-estimez jamais votre valeur. Comme dit Voltaire « la valeur n’attend point le nombre des années ». Si vous voulez vous appuyer sur l’ancienneté, un an paraît plus raisonnable, vous avez eu le temps de vous faire apprécier dans votre travail comme collaborateur de choix. 6 mois reste possible mais hasardeux sauf si vous avez réalisé l’opération du siècle. En général, si c’est le cas, c’est la direction qui vous proposera elle-même une augmentation de peur de vous voir partir chez la concurrence.

Pour plus de réussite, évitez de demander au moment où tout le monde demande une augmentation, c’est-à-dire aux abords des fêtes familiales et de la rentrée scolaire. Votre demande risque d’être noyée dans la masse et mettra plus de temps à être traitée.

4. A qui j’adresse ma demande ?

C’est la structure de la boîte qui vous indiquera le bon chemin. Un entretien d’évaluation vous apportera le moment opportun et la personne idéale – l’évaluateur – pour présenter votre requête. Il faut donc nécessairement vous renseigner et de préférence allez vers votre supérieur hiérarchique surtout s’il est de bonne écoute. De plus, lorsque vous vous entretiendrez avec lui de la réévaluation de votre salaire, s’il y est favorable, il est fort probable qu’il appuie votre demande. De toute manière, son avis sera sûrement requis pour cette augmentation de salaire, donc soyez dans ses bonnes grâces et ne passez pas au-dessus de lui.

Quand vous avez rédigé votre rapport présentant vos réalisations, vous avez déterminé la fourchette de votre augmentation, le moment de votre requête et trouvé la personne à qui s’adresser, il vous reste à préparer votre entretien. Nous en parlerons dans notre prochain article.

Euh, au fait, Kabibi, je pourrais te parler, j’ai besoin d’une petite augmentation….

Madimba Kadima-Nzuji


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